A propos

Une rencontre, un modèle prête son regard à l’objectif pour un portrait photographique. Une collection de visages est ainsi constituée. C’est une introduction.

Ces visages sont utilisés dès lors comme un médium au même titre que la broderie et le dessin. Ils sont greffés les uns aux autres, hybridés, le fil se substitue à la peau, à un oeil, une bouche, il crée des liens. L’identité se perd, l’art du portrait s’oublie. Derrière le travail textile, le visage se crypte et se cherche, brouillant toujours un peu plus la possibilité même d’une conscience de l’autre entière, singulière et cohérente.

Ce labeur couturier est motivé par le pur plaisir de tresser des lignes de mystère entre les visages, d’arracher leur part d’informulé, de fantomatique et d’indicible. La peinture et le fils apparaissent comme un moyen de se frayer un chemin vers la vie secrète d’une personne, de s’approprier le silence des origines et des filiations.

Charlotte Combe

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EXPOSITION « L’AUTRE » LA PASSERELLE

mars 2011

Si la démarche de l’artiste a pris dans un premier temps sa source dans une sphère intime et familiale, le travail s’est développé peu à peu d’une façon plus large, prenant une consonance universelle, l’humain dans sa globalité, interrogation quant à notre propre existence.

Les techniques utilisées par Charlotte Combe, à savoir photographie, peinture et broderie se croisent, se révèlent ou se brouillent tour à tour. Il est important de savoir que si tout est fait "à la main", ce n’est pas par masochisme ou par absence ... de machine à coudre, mais bien par choix assumé comme si le "manufacte" de l’artiste, par sa lenteur même, favorisait la maturation de l’oeuvre, la rêverie et réflexion de l’artiste, lui conférant profondeur et sincérité .

Difficile de parler du travail de Charlotte Combe en passant sous silence la dimension troublante, voire douloureuse que ses oeuvres peuvent éveiller en chacun de nous. La broderie y est pour quelque chose, malgré ses qualités plastiques indéniables, on est loin d’un travail purement décoratif. Qu’est-ce-que l’aiguille de la brodeuse perce, reperce et transperce en chacun de nous? Quelles blessures, quelles failles sont recousues, cicatrisées, greffées, mais aussi révélées ou ravivées ? A quel endroit du corps ou de l’âme cela se joue t’il ? et jusqu’où va t-on se laisser atteindre?

Pourtant, le propos de l’artiste n’est certai- nement pas dans la volonté de provoquer ni de choquer. Ce qui construit l’oeuvre est aussi et surtout guidé par le cerveau droit, lieu d’intuition et de lâcher-prise, d’acceptation de ne pas tout maîtriser.

Charlotte Combe offre surement à celui ou celle qui rencontre ses oeuvres la possibilité de continuer le voyage à sa guise.

Cécile Beaupère, artiste peintre 

su et insu

LE SU ET L’INSU L’INTIMITE APPRIVOISÉE

Sortant la photographie du cliché Charlotte Combe la métamorphose par ses techniques mixtes. Ses œuvres deviennent d’étranges bouquets composites aussi naïfs que compliqués. Rien de pittoresque ou de l’anecdotique pour autant. L’artiste crée des réseaux capables de rentoiler les souvenirs et de capter le temps pour les rapatrier vers un lieu de signes qui engendre un imaginaire et une profondeur particulières à ce qui est offert au regard. Par un travail de fond et une technique éprouvée

la photographie devient un moyen de fomenter divers types d’intrications dégagées de la ten- tation de l’exotisme nostalgique comme du raffiné pour le raffiné. Seules restent des traces qui ne sont pas portées par un sujet (celui du portrait) mais par une langue qui distingue la prise originale du déjà vu en nous ramenant là où s’ébrouent les multiples avatars plus d’une forme de désirs que d’une mémoration passéiste. Charlotte Combe saisit celle ou celui qui lui fait face dans la photographie au sein d’un jeu de piste dont on connaît ni le point de départ, ni celui d’arrivée. L’œuvre ne mène pas où l’on pense accoster. Sous l’apparente simplicité émane une charge poétique rare sans que l’on puisse dire de quoi les œuvres portent la trace. D’amours, de blessures et de joies peut-être. Le tout s’en doute avec par- fois une pointe d’humour. L’artiste sait cacher ce qu’elle feint de monter. Dans ces ensembles tout est à la fois cadré et décadré. Et il faut regarder avec attention des œuvres où le moindre indice risque des aventures entre absence et présence.

Jean-Paul Gavard-Perret maître de conférence à l'Université de Savoie 

parcours

Diplôme des Beaux Arts de Lyon, 2008
Expositions personnelles
Présence, la remise, Pollionnay, 2011
L'autre, espace d'exposition la passerelle, Lyon 2011
Expositions collectives
L'abbaye et moi, abbaye de Saint Savin, 2013
Au fil des frontières, galerie Emmanuelle Rousse, 2013
Promenades sans majuscules, galerie du Larith, Chambéry, 2012
Biennale 109, galerie de la cité des Arts de Paris, 2011
Maison des Arts Contemporains, Pérouges, 2011
Donner à voir, château d'Alba-la-romaine, 2012
Figures, MAPRA, Lyon, 2009
Salons
Arts & papiers, Vézenobre, 2013
Balt'art contemporain, pavillon Baltard, Nogent sur Marne, 2011
Galeries
galerie Emmanuelle Rousse, Saint Savin
galerie Artisti, Rueil-Malmaison 
Livre d'artiste
Farouche indécision des fleurs, éditions d'art de la galerie du Bourdaric, 2014
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